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Nous vous présentons ici un aperçu dcs articles publiés dans les précédents magazines du Ce3. Avec des longueurs et des thématiques divers et variées, vous trouverez forcément un article à votre convenance !


Un investissement progressif des domaines publics et privés

Par Hugo Le Boulzec

             


  Depuis le protocole de Kyoto, l’objectif premier des négociations internationales sur le climat est d’aboutir à un accord mondial permettant un engagement des États sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Si ces sommets restèrent longtemps l’apanage des États, les acteurs non-étatiques y ont progressivement acquis un poids considérable.

 



Une place croissante accordée aux acteurs non-étatiques

 

            Un mouvement de fond bouleversa les relations entre les États et les acteurs non-étatiques dans les années 1990. Le secrétaire général des Nations Unies affirmait ainsi en 1994 que «until recently the United Nations was considered a forum of sovereign states alone. Within the space of a few short years, this attitude has changed. Non-governmental organizations are now considered full participants in international life ».  Ce changement de mentalité est visible dans le cadre juridique de la Convention Cadre sur les Changements Climatiques[1].

 



Leurs actions : Investissements dans la résilience et l’économie bas-carbone

 

                Dans cette partie, nous distinguons différents types d’acteurs : villes et régions, entreprises, secteurs, collectifs citoyens, organisations non-gouvernementales.


·         Villes et régions

                Les initiatives de cette catégorie prennent différentes formes et ampleurs. Les villes se regroupent en réseaux permettant un partage des initiatives et des cibles, avec des objectifs contraignants ou non contraignants. Citons par exemple le réseau C40 dans lequel plus de 100 villes agissent et procèdent à un bilan annuel de leurs progrès via la plateforme CDP[2][3]. Ces initiatives portent principalement sur les transports[4] et les systèmes d’échange d’émissions.


·         Entreprises

De la même manière, les actions sont très diverses. Seule l’initiative Ultra-Low CO2 Steelmaking (ULCOS) fixe un objectif contraignant pour les participants. Elle regroupe 48 entreprises européennes et vise à réduire les émissions de CO2 de moitié lors de la production d’acier, sans fixer d’année cible. Les autres initiatives proposent aux entreprises de fixer leurs propres objectifs avec des plateformes d’aide fournissant des conseils et des actions possibles[5].


·         Secteurs

Les initiatives sectorielles sont définies comme des coopérations entre des entreprises et des acteurs (gouvernementaux et non-gouvernementaux). Leurs actions portent sur les secteurs de la finance, de l’énergie (énergies fossiles, efficacité énergétique), de la foresterie ou de l’agriculture. Si certaines fixent des objectifs contraignants [6], la plupart recherchent un dialogue entre les acteurs et une réflexion sur les moyens à disposition[7].


·         Collectifs citoyens [8]

Cette nouvelle classe d’acteurs apparaît dans la production d’électricité à grande échelle et se développe fortement en Europe. Ainsi, près de 50% de la puissance des énergies renouvelables installée en Allemagne appartient aux citoyens (2014), et 15% du parc éolien au Danemark (2009). En France, ces initiatives citoyennes se concrétisent avec par exemple le mouvement « Énergie partagée », et le parc citoyen éolien de Béganne[9]. Elles prennent des formes distinctes, du regroupement de particuliers visant à « reprendre la main » sur leur production d’énergie, avec un souhait de développer des technologies bas-carbone, au regroupement de professionnels (par exemple agriculteurs) au niveau régional permettant de faire baisser les coûts par une réduction du nombre de recours.


·         Organisations Non-Gouvernementales

Les ONG ne proposent pas de solutions énergétiques, mais des actions de sensibilisations et de liaisons entre acteurs. Elles possèdent une grande influence à la fois sur la société civile et sur les gouvernements, et peuvent prétendre à des accréditations lors des COP. Ainsi, 1000 accréditations ont été distribué à la COP1, 4000 à la COP3 et jusqu’à 21000 en théorie à la COP15[10]. Ces organisations agissent aussi massivement lors des sommets en stimulant des cortèges citoyens dans les grandes villes du monde (par exemple l’initiative Coalition Climat 21).

 



Quelle portée au niveau des émissions ?

 

                À présent, concentrons-nous sur l’effet de ces initiatives. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement estime qu’une réduction de 17 GtCO2 est nécessaire pour atteindre l’objectif 2°C en 2020. Actuellement, les contributions volontaires des États (INDC) contribueraient à hauteur de 5 à 7 GtCO2, aboutissant ainsi à une différence de 10 à 12 GtCO2 avec l’objectif. Quelle pourrait-être la contribution des acteurs non-étatiques ? Les chiffres présentés dans le Tableau 1 proviennent du rapport Climate commitments of subnational actors and business, se focalisant sur 180 initiatives de grande ampleur réparties à travers le monde.



Tableau 1 : Estimation de l’impact des initiatives par secteur

Acteurs ou secteurs

Réduction en GtCO2 en 2020

Villes

1,08

Régions

0,76

Entreprises

0,63

Éclairage

0,06

Cuisson

0,12

Méthane et autres polluants à courte durée de vie

0,09

Réduction de la déforestation

0,1

Agriculture

0,3

Total recoupement

< 1

Total

3,14

Finalement, la réduction permise par ces actions s’élèvent à 3,14 GtCO2, avec cependant un recoupement avec les promesses des États estimé inférieur à 1 GtCO2. Ces chiffres sont à prendre avec recul puisque de nombreuses initiatives de faibles ampleurs ne sont pas prises en compte. Toutefois, plus qu’un objectif quantitatif, ces initiatives volontaires traduisent deux choses : un réel souhait de changement des acteurs non-étatiques et une preuve d’efficacité des actions concertées. Cela constitue un message fort à destination des négociateurs.

 





Un signe fort : le désinvestissement de l’économie haut-carbone.

 

Une seconde catégorie d’initiatives rassemble les investisseurs financiers privés. Selon le rapport Measuring the growth of the divestment movement, 436 institutions et 2040 privés se sont engagés à ne plus investir dans les énergies fossiles. Ils représentent 2600 milliards de dollars. Cela s’explique par le fait que les entreprises considèrent de plus en plus « le carbone comme un risque » selon Henri de Castries, PDG de Axa. Ainsi, le fonds de pension norvégien – 900 milliard de dollars de capitalisation – s’est retiré du milieu du charbon. Si le montant du désinvestissement ne pèse pas encore sur les capitalisations boursières des majors, cela traduit une dynamique favorable.






[3] Pour plus d’informations, voir le rapport Climate commitments of subnational actors and business. D’autres initiatives sont le Compact of Mayors ou le Carbonn Climate Registry.

[4] Voir le rapport Better growth, better climate.

[5] Citons par exemple Caring for Climate, CSI ou BELC. Pour plus d’informations, voir le rapport Climate commitments of subnational actors and business.

[6] Par exemple en.lighten et Global Alliance for Clean Wookstoves

[7] World Green Building Council, Super-efficient Equipment and Appliance Deployment, GGFR pour une réduction du torchage, the Bonn Challenge pour une reforestation de 150 millions d’hectares ou the New Vision for Agriculture

[8] Voir Allemagne : les structures décentralisées, moteur des énergies renouvelables, par Henrike Sommer dans La revue de l’Énergie n°623

[10] Avec toutefois des problèmes dans les faits pour cette dernière (non reconduction, non validité des badges).

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Une volonté politique assistée par une pression publique

Par Noëlle Favier


Les enjeux environnementaux sont de plus en plus pris en compte par les gouvernements qui prennent de nombreuses mesures pour réduire l'impact environnemental de la vie humaine sur terre.

 

Ainsi, il en va de même pour l'opinion publique. Même si nous pouvons quelque peu regretter cet effet de mode, on se rend compte que la majorité des gens fait de plus en plus d'effort pour limiter son empreinte écologique.

 

La seconde chose que l'on peut remarquer ( est le nombre important de partis écologistes dans le monde. On peut citer les plus connus : le Parti Vert Européen en Europe, Europe Écologie Les Verts en France, le Parti Vert (Green Party) aux États-Unis, …

Ces partis sont encore largement minoritaires aux élections mais ils participent néanmoins activement à la vie politique de leur pays en apportant ainsi une voix pour faire passer des lois à visée écologique, ou pour mettre en place des projets ne nuisant pas à l'environnement.

 

            Du côté des lois en accord avec l'opinion publique, on peut citer laloi sur la transition énergétique votée le 26 mai 2015 qui vise à réduire la part de nucléaire dans la production d'électricité de 75 à 50 % d'ici 2050. Dans le même ordre d'idée, on peut citer la reforme allemande de sortie du nucléaire d'ici 2022. Cette loi qui fait suite à l'accident nucléaire de Fukushima correspond bien à l'opinion des allemands sur le nucléaire.

 

            On peut aussi voir des exemples mondiaux sur des décisions environnementales comme l'accord entre la Chine et les États-Unis, les deux pays les plus pollueurs, qui s'engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans les années futures. Il est fort possible que lors de la COP21 les autres pays suivent la voie ouverte par les États-Unis et la Chine et s'engagent eux aussi à baisser sensiblement leurs émissions de gaz à effet de serre. 

 

Un autre point important qui promet des reformes importantes lors de la COP21 est le soutient que Pékin apporte à cette conférence en promettant de mettre en place « un accord juridiquement contraignant » avec un moyen de suivre les engagements attendus grâce à une revisite de ces engagements tous les cinq ans.

 

            En dernier lieu on peut parler de l'envie du président américain, Barack Obama de mettre en place un plan inédit de lutte contre le changement climatique. Il s'engage ainsi à limiter les émissions de gaz à effet de serre des centrales thermiques lors de la production d'électricité.

 

Ces exemples nous permettent de voir que l'opinion publique a changé et a entraîné avec elle l'opinion politique ce qui a abouti à des améliorations dans le domaine de l'environnement, donc on peut s'attendre à ce que de nouvelles mesures soient prises durant la COP21 et qu'elles soient accueillies favorablement par l'opinion.

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Attentes et objectifs de la COP 21

Par Marie-Laure Pautret



La 21e conférence des parties aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015. L’objectif est de parvenir à un accord universel et contraignant pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique. Il faut baisser les émissions de gaz à effet de serre (GES) de façon à limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle (19e siècle).



Pour cela, les 196 parties représentées (195 pays et l’Union Européenne) et 40 000 personnes devront aboutir à un nouveau traité qui sera mis en vigueur d’ici 2020, ayant pour but de remplacer le protocole de Kyoto. En effet, ce dernier n’incluait que les pays développés, or les émissions continuent d’augmenter et les efforts des pays en développement sont cruciaux pour les limiter.


Cette réunion est parfois surnommée « le sommet de la dernière chance ». En effet, le dernier rapport du GIEC[i] est très alarmiste et pousse à des changements profonds.



Atténuation


Pour avoir une chance d’arriver à l’objectif des 2°C, une baisse des émissions de GES de 40% d’ici 2050 est nécessaire. A la fin du siècle, l’objectif est d’avoir une société neutre en carbone, c’est-à-dire qui émet autant de CO2 qu’elle n' en absorbe. Cela implique des changements radicaux dans l’économie mondiale.



Adaptation


Cet aspect est de plus en plus important au fil des COP : les populations ont et auront besoin de s’adapter au changement climatique, même si la hausse de température est limitée à 2°C. Cela concerne particulièrement les états insulaires[ii], les pays d’Afrique et les pays moins développés qui sont déjà les plus touchés. L’adaptation passe par une compréhension des impacts puis des formulations concrètes (constructions de digues, de routes surélevées…).



Financement


Le financement des solutions est l’enjeu majeur du sommet. Lors du sommet de Copenhague en 2009, les pays développés se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement[iii] mais l’objectif est encore loin d’être atteint.



Les efforts de réduction


Distinguer les pays développés des pays en développement est ici indispensable. En effet, les pays développés sont plus responsables que les pays en développement du niveau des émissions des GES donc doivent davantage contribuer à leur réduction . De plus, le développement actuel de certains pays ne doit pas être freiné par des mesures auxquelles n’ont pas été soumis les pays industrialisés lors de leur développement.


Les états ont déjà publié des objectifs pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. De plus, les accords auxquels aboutira la COP21 feront l’objet de révisions régulières pour assurer leur bonne application. Du moins, c’est ce que souhaite la France en mettant en place un processus régulier de révision des objectifs de chaque pays. Cependant, un cadre juridique pour cet accord est encore difficile à prévoir. Les déclarations récentes de la part des États-Unis ne vont malheureusement pas dans ce sens, et souhaitent que cela soit comme pour le protocole de Kyoto.





Notes :

[i]Voir fiche 4 « Le dernier rapport du GIEC » 

[ii]Les petits états insulaires ont créé l’alliance AOSIS regroupant 39 états mais moins de 1% de la population mondiale http://aosis.org/

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L’initiation d’un marché du carbone

Par Valentin Maillot


Afin d’inciter les entreprises qui ont un fort impact environnemental à réaliser des réductions de gaz à effet de serre, on ne peut pas compter exclusivement sur l’amélioration de leur image marketing : il faut avant tout un signal prix, ou au moins des contraintes législatives. On distingue trois modes d’actions principaux complémentaires : les taxes, les normes et les quotas. Les quotas ont entre autres l’avantage de maîtriser concrètement les quantités de CO2 rejetées et sont donc plus précis que les taxes pour limiter les émissions (avec les taxes, il est possible de dépasser la cible en payant plus cher).

 

Ces instruments de fiscalité environnementale ne sont pas nouveaux : ils ont été mis en place dès le début des années 1970, et même 1960 en ce qui concerne les normes. Mais encore faut-il les faire appliquer au niveau international.

 

En 1992, lors de la conférence de Rio, quelques pays européens, au premier rang desquels la France, proposent l’instauration d’une taxe internationale sur le CO2, mais se heurtent à l’opposition des États-Unis. L’administration Clinton préfère quant à elle opter pour la mise en place d’un marché légalement contraignant des émissions (Quantitative Emission Limitation or Reduction Objectives) comparable à celui mis en œuvre aux États-Unis au début des années 1990 pour le SO2 (Clean Air Act), dans l’objectif de lutter contre les pluies acides. Les négociations lors du protocole de Kyoto en 1997 vont dans ce dernier sens puisqu’elles accordent la possibilité pour un pays de réaliser dans un autre pays les réductions qui lui sont imposées[1] et donnent naissance au système Cap and Trade[2], qui permet l’échange de quotas d’émissions. En 2000, les Européens sont convaincus des mérites de la limitation par les quantités et abandonnent l’idée de la taxe qu’ils ont discutée sans succès tout au long des années 1990. Cependant, avec l’arrivée de Georges Bush au pouvoir en 2001, les Etats-Unis se retirent du protocole de Kyoto, rendant impossible la mise en place d’un système d’échange de quotas à l’échelle internationale. L’Union Européenne s’attelle donc à la construction de son propre marché des quotas : le European Trade System (ETS). Il sera lancé en 2005.

 

Mais l’instauration d’un système international de quotas de CO2 ne signifie pas pour autant l’abandon de toute idée de taxe carbone. En effet, une fois spécifiés les objectifs nationaux et la possibilité d’échanges internationaux de quotas, il reste à construire des systèmes d’incitation à l’intérieur de chaque pays, via un système de poupées russes : international, régional-européen, national, local…

 

Cependant, pour que les deux systèmes soient compatibles, et uniformes à travers le monde, il faut un signal-prix donné au carbone. Les premiers chiffres, au début des années 1990 et fondés essentiellement sur l’estimation d’un niveau seuil présumé déclencher des changements de comportement, recommandent un prix de 65 €/tCO2. En 2006, le rapport de la commission Valeur Tutélaire du Carbone (dit « rapport Quinet »)  fait émerger un consensus autour d’une valeur de 100 €/tCO2 pour 2030 et 200 €/tCO2 en 2050, soit une augmentation de 4 €/tCO2/an. Pour tenir ces objectifs, la valeur associée en 2010 aurait dû être de 45 €/tCO2, mais le souci de ne pas imposer une première marche trop élevée conduit à retenir plutôt 32 €/tCO2 : à l’été 2009, le prix des quotas européens s’établissait un peu en-dessous de 15 €/tCO2. Cependant, à l’heure actuelle, le prix du carbone se situe aux alentours de 5 €/tCO2, à cause de la crise économique qui a fait chuter les émissions de CO2 et du fait qu’on n’a pas retiré de quotas du marché en conséquence (cf graphique).

 

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Le fond vert pour le changement climatique

Par Hugo Le Boulzec


Dans une actualité fortement orientée vers les inégalités, le changement climatique semble proposer un sujet plus égalitaire. Il s’agit dans les faits du contraire. Selon une étude du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le coût d’adaptation au dérèglement climatique en Afrique pourrait atteindre 50 milliards de dollars par an d’ici 2050 avec un scénario de réchauffement climatique inférieur à 2°C[1]. De manière générale, les zones les plus touchées seront l’Afrique et l’Asie Pacifique. Ce constat provoque un véritable débat de « justice climatique » au sein des négociations climatiques préalables à la COP21, et constitue le principal sujet de dissension pour la finalisation de l’un des principaux objectifs : le fonds vert pour le climat (FVC).



Historique du FVC


Lors de la COP15 à Copenhague, les dirigeants des pays développés concédèrent l’urgence d’une aide adaptée destinée aux pays en développement. Ils décidèrent donc de « mobiliser ensemble 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour répondre aux besoins des pays en développement ». La promesse d’un fond de lancement rapide (fast-start finance[2]) fut faite, à hauteur de 30 milliards de dollars pour la période 2010/2012. La teneur de cette première aide fit déjà débat[3]. Le FVC fut ensuite initié et signé par tous les États (sauf la Bolivie) à la COP16 de Cancún. Cet accord décrit les différents aspects financiers et le système de gouvernance du fonds [4]. Toutefois, s’il fut officiellement lancé en 2011 à la COP17 de Durban, de nombreux débats sur son fonctionnement persistent.

 


Quelle utilité ?

            Selon sa directrice exécutive, Héla Cheickhrouhou, le FCV vise à « accompagner le changement de paradigme vers une économie basée sur de faibles émissions et résiliente pour le climat ». Il constitue actuellement la « seule institution multilatérale créée dans le but de soutenir l’objectif 2°C ». Il sera à terme le principal vecteur des financements Nord-Sud, regroupant les financements publics et privés et accompagnant les objectifs de développement globaux. Une récente étude de la CCNUCC estime que 400 milliards de dollars par an[5] sont nécessaires pour cette mission à long terme.

 

 

Fonctionnement du FVC


Situé à Songdo[6], en Corée du Sud, le FVC est dirigé par un conseil d’administration de 24 membres également répartis entre pays développés et pays en développement. Cette entité a plein pouvoirs sur les décisions de financement, mais reçoit les orientations des COP. Les actions du fond sont menées en partenariat avec de nombreuses institutions accréditées (20 pour le moment [7], dont l’Agence Française pour le Développement, la Banque Asiatique de Développement ou le Programme des Nations Unies pour le Développement). Ces financements prendront les formes de prêts, de prêts concessionnels, de subventions ou encore de co­-financements. Leurs formes et montants dépendent fortement des États développés, puisqu’ils décident du format de leurs contributions. Enfin, une caractéristique essentielle du FCV – voulue depuis sa création – est sa vision à long terme. Les dirigeants ont insisté sur l’égale répartition des aides entre adaptation (protection contre les conséquences du dérèglement climatique) et atténuation (évolution vers un modèle bas-carbone). Ce double aspect traduit les inquiétudes quant aux futurs évènements liés au changement climatique.

 


Qui peut prétendre à une aide ?


La moitié des fonds seront alloués à l’adaptation dans les pays les plus vulnérables (notamment les pays africains, les pays les moins développés, ainsi que les petits États insulaires en développement). L’autre moitié sera allouée à l’atténuation, en adéquation avec le cadre  défini par le conseil (Results Management Framework, voir image 1) [8].

 

 

Ensuite, les pays ont la responsabilité d’entrer en contact avec le FVC suivant trois étapes :

1)      L’établissement d’un point focal national. C’est une autorité nommée par le gouvernement en tant que représentant du FVC, en général l’autorité nationale compétente en matière de questions énergétiques et climatiques.

2)      Identifier et faire accréditer une entité de transit des fonds depuis le FVC.

3)      Développer des projets et programmes.

Environ 130 pays ont débuté ces démarches pour le moment.

 

Accomplissement actuel

Au 1er octobre 2015, les promesses de contributions sont de 10,2 mds$ de la part de 35 pays, mais le montant reçu ne s’élève qu’à 5,8 mds$ [9]. Ces financements publics devraient permettre à terme de mobiliser de l’argent privé afin d’atteindre les objectifs. Si cela montre la frilosité des États développés à engager des fonds, il est crucial que la situation se débloque afin de donner confiance aux pays en développement. En effet, les contributions nationales des pays en développement sont majoritairement conditionnées par les financements internationaux. Toutefois, le seuil minimal de fonctionnement du fond ayant été franchi, les financements de préparation à l’accueil de fonds de 9 pays ont été versés, ainsi que 900m$ de projets pilotes. De plus, une réunion en Zambie au cours du mois de novembre donnera les décisions de financement, donnant ainsi un signal fort avant la COP21.

 

Les divergences

Au sein de la gouvernance du fonds, deux optiques s’affrontent. Une première défendue par les pays en développement (majoritairement les pays africains) qui souhaitent décider unilatéralement des projets à financer et diminuer l’accès aux privés. À l’inverse, les pays développés défendent une gouvernance multilatérale, avec une responsabilité à parts égales dans les projets. Ces dissensions s’expliquent par le fait qu’une majorité de pays en développement considère que la responsabilité du changement climatique repose sur les pays développés.

 

Quelles attentes pour la COP21 ?

            Ce fond cristallise donc les divergences entre pays développés et pays en développement. L’une des principales attentes pour la conférence de décembre se situe dans la tenue des promesses faites il y a déjà plusieurs années, qui à elles seules peuvent relancer un processus de confiance pour les pays en développement. Sans un engagement à long terme, les négociations pourraient se retrouver dans une impasse, avec l’impossibilité de mettre en œuvre les mesures nationales proposées par les pays en développement. Cet échec repousserait les débats sur une renégociation du montant, donnant un retard considérable à un accord global.

           

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Le bilan du protocole de Kyoto

Par Camille Pajot


Visant à contraindre les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, le « robin des bois » du réchauffement climatique a-t-il fait ses preuves ?


Rappelons dans un premier temps quelques faits énoncés dans la fiche précédente :

·         8 ans se sont écoulés entre la signature du protocole de Kyoto (1997) et son entrée en vigueur (2005)

·         Le Canada s’est retiré du protocole de Kyoto en 2011

·         Les États-Unis ont signé le protocole mais ne l’ont jamais ratifié


« Au vu de ces 3 faits, cela nous donne l’impression que cet accord a plutôt été un échec, non ? »


Penchons-nous donc sur les résultats obtenus des années après son entrée en vigueur !

 

Le protocole de Kyoto se décompose en deux périodes d’application :


Première période : 2008-2012

Grand regret de cet accord international : seulement 37 pays industrialisés se sont engagés sur cette période, ne comprenant pas les plus gros émetteurs de GES (les États-Unis ont refusé de le ratifier et la Chine n’était pas concernée en tant que pays émergent). Cependant, certains des signataires ont décidé de voir plus loin que les 5%. En effet, le Japon et le Canada avaient par exemple annoncé un objectif de réduction 6% et l’Union Européenne de 8%.


Objectif principal de cette période d’engagement :

Réduire d’au moins 5% leurs émissions par rapport à 1990

Cet objectif a été atteint et même dépassé, mais on peut cependant noter que les objectifs individuels de chaque pays n’ont pas toujours été couronnés de succès. De plus, sur le plan climatique global, la concentration atmosphérique de CO2 continue d’augmenter (+10,3 %). La Chine et l’Inde sont majoritairement responsables de ces augmentations liées à leurs développements respectifs. 


Ce bilan peut être considéré comme décevant ou encourageant, cela dépend du point de vue adopté. Il faut cependant ne pas oublier que de nombreuses idées ont émergé de ce protocole pour comptabiliser, pénaliser et équilibrer les émissions de GES.

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Le protocole de Kyoto

Par Sofiane Kerbal


Qu’est-ce que c’est ?


Le protocole de Kyoto est un accord international signé le 11 décembre 1997 lors de la COP3 (3e Conférence des parties), visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays industrialisés.


Pour que le protocole de Kyoto entre en vigueur, il fallait qu’au moins 55 pays ratifient le traité et qu’une partie des pays l’ayant ratifié[1] émettent au moins 55% des émissions de CO2 de 1990. Une fois ces conditions réunies, un délai de 90 jours était nécessaire avant l’entrée en vigueur effective, le 16 février 2005.



Le Protocole en bref


La principale caractéristique du Protocole est qu’il dispose d’objectifs obligatoires sur les émissions de gaz à effet de serre pour chacun des pays développés l’ayant signé.


Ces objectifs sont en fait des pourcentages d’émissions par rapport aux niveaux relevés en 1990. Ils varient de -8% à +10%, l’objectif étant -5% d’émission à l’échelle planétaire sur la période 2008-2012. Les pourcentages positifs[2] signifient que certains pays, comme la Norvège, l’Australie ou l’Islande, peuvent se permettre d’augmenter leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à ce qu’ils rejetaient en 1990 (respectivement de 1%, 8% et 10%). D’autres pays comme la Russie et l’Ukraine doivent stabiliser leurs émissions (objectif 0%). Enfin, l’Union Européenne, qui avait pour objectif une réduction de 8%, a distribué différents taux à ses États membres : le Luxembourg, le Danemark et l’Allemagne se sont vus attribuer un taux de réduction supérieur à 20%, tandis que la Grèce et le Portugal pouvaient augmenter leurs émissions de plus de 25%.


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Une brève histoire des institutions et des sommets sur le climat

Par Hugo Le Boulzec


                Les négociations climatiques actuelles rassemblent 196 parties dans un cadre institutionnel fort.  L’intégration des États dans ce processus s’est concrétisée lors de la certitude d’un impact sur les économies et sociétés. Cette fiche présente un bref historique de cette évolution.

 


Un processus antérieur aux grands sommets


Une première phase, antérieure aux actuelles négociations multilatérales, a consisté en une étude des phénomènes (climatiques, énergétiques) et une progressive prise de conscience [1]. Cette période s’est caractérisée par un rôle prépondérant des institutions internationales (Nations Unies, Organisation Météorologique Mondiale, Conseil International pour la Science) et une relative absence des États. La première initiative internationale est la Conférence sur l’environnement humain à Stockholm en 1972. Elle établit un premier lien entre la protection de l’environnement et le développement économique[2] et aboutit à la création du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.


La reconnaissance d’un problème climatique a ensuite nécessité une réflexion générale autour du concept de développement durable et d’une approche scientifique sur le climat [3]. Dans cette optique, une première conférence mondiale sur le climat eut lieu à Genève en 1979, la commission Brundtland [4] fut créée en 1983 et le GIEC[5] en 1988 (dont le premier rapport sera publié en 1990). Le premier objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre date de cette époque (Conférence mondiale sur l’atmosphère en 1988, avec un objectif de réduction de 20% en 2005 par rapport à l’année 1988).

 


Naissance du processus actuel


Les négociations multilatérales lors des Conférences des Parties (COP) rassemblent les parties signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) [6]. Celle-ci fut adoptée lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et programme une réunion annuelle ; la COP, dont la première eut lieu en 1995 à Berlin.

 


Le premier accord


L’année 1997 constitua une première avancée dans la lutte contre le dérèglement climatique. Deux ans après le second rapport du GIEC, New York accueille le second sommet de la Terre. Quelques mois plus tard, le premier accord lors d’une négociation multilatérale sur le climat fut lors de la COP3 à Kyoto, en 1997. Ce sommet constitue à ce jour le seul accord signé lors d’une COP, avec des mécanismes permettant de renouveler des engagements selon trois phases (dont la dernière lors de la COP18 à Doha). Les COP suivantes furent marquées par d’intenses discussions autour de ce texte (aboutissant notamment à la sortie des États-Unis), et l’apparition de dissensions entre pays en développement et pays développés.

 


Les négociations en vue d’un second accord


La coïncidence du 4ème rapport du GIEC (2007) et de la fin de la première phase du protocole de Kyoto (2008) stimule les négociations en vue d’un second accord à Copenhague en 2009. Les bases de ce traité sont posées lors de la COP13 à Bali, puis à la COP14 de Poznam et enfin à Bonn début 2009. Malgré ce travail préalable, la COP15 de Copenhague n’aboutira à aucun accord de réduction d’émissions. Elle marque toutefois la naissance du Fonds Vert pour le Climat.

 


Les bases d’un accord à Paris


            De manière identique aux négociations préalables à Copenhague, un premier texte fut élaboré en 2011 à Durban lors de la COP17 afin d’aboutir à un accord à Paris. Cette phase de préparation continua lors des COP suivantes, et fut stimulée par le dernier rapport alarmant du GIEC[7]. Ce travail préalable s’est accéléré lors de l’année 2015[8], et le texte de l’accord a fortement évolué – de 37 pages à la fin de la COP 20 jusqu’à 136 pages après Genève[9]. Cette concentration de réunions préalables constitue selon la négociatrice française Laurence Tubiana l’une des raisons d’espérer un accord à Paris. En effet, la France a souhaité se démarquer des COP précédentes par exemple en instaurant des contributions des États en amont[10] ou [11].

 




Pour aller plus loin :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/changement-climatique/chronologie.shtml

L’ouvrage Énergie, Économie et politiques, de Jean-Pierre HANSEN et Jacques PERCEBOIS







Notes:

[1] Voir article « Prise de conscience ».

[2] Voir Énergie, Économie et politiques, de Jean-Pierre HANSEN et Jacques PERCEBOIS

[3] Voir article « Prise de conscience ».

[5] Voir article « Les différents organismes ».

[6] Ibid.

[7] Voir la fiche « Le dernier rapport du GIEC »

[8] Une première réunion à Genève en février, puis à Bonn en juin, septembre et octobre et enfin à Paris du 8 au 10 novembre.

[9] Le texte final pré-COP21 après les négociations à Bonn en octobre  http://unfccc.int/files/bodies/application/pdf/ws1and2@2330.pdf

[10] Voir article « Les fiches engagements des Etats constituent une avancée »

[11] Ce fut l’une des causes de l’échec de Copenhague.

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Les différents organismes

Par Marie-Laure Pautret


Les négociations climatiques s’appuient sur des données et sont réalisées grâce à des organismes climatiques. S’il en existe beaucoup, les principaux sont le GIEC, la CCNUCC et l’AIE présentés ici.




Le GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)[i]


Création : 1988, à la demande des sept pays les plus industrialisés regroupés dans le G7 (actuellement G8)


Membres : 130 pays, représentant des pays développés comme des pays en voie de développement


Objectifs : Faire l’état des connaissances sur le changement climatique, proposer des adaptations aux perturbations climatiques et des solutions pour les atténuer.


Fonctionnement : Regroupe 2500 intellectuels de tous horizons divisés en 3 groupes :

-          Groupe I : données scientifiques du changement climatique

-          Groupe II : impacts économiques, sanitaires et humains du changement climatique

-          Groupe III : adaptation et atténuation du changement climatique

Ils travaillent en lien avec les ONG luttant pour le climat, mais aussi les lobbies du pétrole par exemple. Cela montre la diversité de leur évaluation.


Réalisations : Publication de cinq rapports[ii] depuis sa création servant de base aux négociations climatiques.




La CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques) [iii]


Création : 1992, à la suite du sommet de la Terre de Rio


Membres : 160 pays


Objectifs : « Stabiliser les concentrations de gaz de effet de serre l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Il conviendra d’atteindre ce niveau dans un délai suffisant pour que les écosystèmes puissent s’adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d’une manière durable »[iv].


Fonctionnement : L’organe directeur est la COP (Conférence des Parties), composée des états membres. Elle établit et met en pratique les engagements pris lors des sommets annuels.


Réalisations : 20 sommets annuels de la COP, notamment le 3e en 1997 qui aboutit au protocole de Kyoto.




L’Agence Internationale de l’Energie (AIE)[v]


Création : 1974


Membres : 29 pays (tous les membres de l’OCDE, sauf le Chili, Israël, le Mexique, la Slovénie et l’Islande)


Objectifs : Initialement créée pour aider les pays membres à surmonter les problèmes d’approvisionnement en pétrole via leur réserve stratégique, l’agence s’est depuis diversifiée sur plusieurs enjeux :

-          La sécurité énergétique : diversifier les énergies, la flexibilité des secteurs…

-          Le développement économique : assurer un maintien et un développement de l’approvisionnement en énergie.

-          La conscience environnementale : développer les connaissances sur le changement climatique pour aboutir à des solutions.

-          Le développement planétaire : travailler avec des pays qui ne sont pas membres, notamment des importants producteurs et consommateurs d’énergie.


Fonctionnement : Un Conseil de direction se réunit régulièrement, il est composé de hauts-fonctionnaires des pays membres. De plus, des spécialistes en énergie sont regroupés dans un Secrétariat.


Réalisations[1] : Elle publie annuellement le World Energy Outlook (WEO), rapport destiné à prévoir les évolutions énergétiques possibles. De plus, des rapports réguliers prévoient l'évolution des marchés des différentes énergies, notamment celui du pétrole.




A l’échelle internationale, bien d’autres organismes existent, notamment l’Agence Internationale de l’Energie Renouvelable[2] (créée en complément de l’AIE pour les énergies renouvelables), le Programme des Nations Unies pour l’Environnement[3] (se focalise sur les problématiques environnementales liées au changement climatique)…


A l’échelle européenne, l’AEE (Agence Européenne pour l’Environnement) fournit des informations auprès des décideurs pour mettre au point une politique environnementale.


A l’échelle française, différentes institutions s’engagent pour le climat. Citons le CNRS, l’INRA, Météo France ou encore Greenpeace.






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La prise de conscience

Par Marie-Laure Pautret



La prise de conscience du problème climatique s’est faite depuis de nombreuses années à des échelles différentes.

 


 A partir du milieu du XIXe siècle : différentes études scientifiques sont réalisées, à commencer par la découverte et l’étude des gaz à effet de serre, l’étude des taux de CO2 dans l’atmosphère. Ces données sont  progressivement liées à l’activité humaine, notamment en fonction de la consommation d’hydrocarbures et en particulier le charbon. On évoque enfin un changement climatique planétaire avec une hausse des températures.



 A partir des années 60 : une prise de conscience collective voit le jour.


o   Par l’opinion publique : la nature semble menacée par l’homme à cause des phénomènes de pollution des eaux, des sols… En 1963, l’opinion publique est sensibilisée à ces problématiques via la publication d’une liste rouge des espèces animales et végétales menacées d’extinction. Différents scandales ou catastrophes contribuent à alerter l’opinion publique. On pense aux marées noires (le Torrey Canyon en 1967), aux accidents chimiques (explosion d’un réacteur chimique à Seveso en Italie en 1976) et nucléaires (catastrophe de Tchernobyl en 1986), aux canicules (en France en 2003), aux catastrophes naturelles (ouragan Katrina en 2005)[i]


o   Par les scientifiques et les politiques : naît un nouvel axe de réflexion scientifique portant sur la gestion globale de la planète, qui met en évidence l’impact de la société moderne sur la survie de la planète et de l’espèce humaine. Le club de Rome [ii] est créé en 1968 et publie en 1972 The limits of growth (traduit en France par Halte à la croissance ?), décrivant l’évolution de l’état de la planète, en prenant en compte la population, les ressources en matières premières, l’industrialisation, la production alimentaire et la dégradation de l’environnement.  Pendant la même période, René Dubos, écologue français, rédige Nous n’avons qu’une Terre, avec la célèbre phrase « Penser global, agir local ». Ces documents servent de base à la première conférence des Nations Unies sur l’environnement de Stockholm. En 1987 est défini la notion de développement durable : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Ce terme apparaît dans le rapport Brundtland [iii] définissant une politique nécessaire à la mise en place de ce principe.



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Combien de réfugiés climatiques demain ?

Par Sofiane Kerbal


1. Situation actuelle


19,3 millions. C’est le nombre de personnes ayant quitté leur domicile en 2014 pour des raisons climatiques, selon le rapport annuel Global Estimates [1] du Conseil norvégien pour les réfugiés publié le 20 juillet 2015. Entre 2008 et 2013, ce chiffre s’élève à 165 millions.


 


2. Où vont les réfugiés climatiques ?


Dans la plupart des cas, la migration est interne au pays et temporaire : les réfugiés quittent les zones à risques pour se diriger vers les villes, plus sécurisées.


Néanmoins, nombreux sont les réfugiés environnementaux à quitter leur pays. En 2010, plus de 358 000 demandes d’asile ont été déposées dans les pays développés. Parmi ces demandes, 55 530 s’adressaient aux États-Unis, 47 800 à la France, et 41 330 à l’Allemagne. Viennent ensuite la Suède et le Canada.

 



3. Quelles sont les régions du monde les plus touchées par ce type de migration ? Quelles sont les principales causes naturelles ?


Si aucune région du monde n’est épargnée, l’Asie reste de loin la région la plus touchée, autant par les désastres hydrologiques (inondations) que par les catastrophes météorologiques (tempêtes, ouragans, typhons).


En 2014, 87% des réfugiés climatiques étaient asiatiques. Déjà en 2012, l’Asie était le continent le plus touché avec 22,2 millions de migrants. La Chine avait été particulièrement touchée par les typhons et inondations, voyant ainsi plus de 5 millions de ses habitants contraints de déménager. Aux Philippines, les typhons et moussons ont déplacé 3.5 millions de personnes.


On constate une forte corrélation entre vulnérabilité aux phénomènes climatiques et pauvreté économique. Cependant les États-Unis restent, avec le Japon, le pays développé où l’exode climatique est le plus important : 1,8 millions d’Américains ont été forcés de quitter leur domicile en raison des catastrophes naturelles (ouragans, inondations…).

 



4. La situation à venir ?


En 2008, 20 millions de personnes ont été déplacées par le changement climatique. En 2050, elles seront 200 millions. Ce chiffre a été calculé par Norman Myers, un chercheur britannique spécialisé dans les rapports entre l’écologie et l’économie. Mais il conviendrait de le nuancer. En effet, pour obtenir ce résultat, Myers a considéré toutes les régions du monde qui serait touchées par la hausse du niveau des océans, et conclu que la majorité des habitants de ces espaces émigrerait vers le monde occidental (Amérique du Nord et Europe Occidentale). Or il est tout à fait possible que les migrations se limitent aux pays concernés, ou à des pays limitrophes.


Restent bien sûr les habitants de certaines îles du Pacifique, comme les Kiribati ou l’archipel des Tuvalu, qui verront sans doute un jour leur pays disparaître sous les eaux. Les réfugiés climatiques issus de ces archipels, malgré le fait qu’ils soient exposés à un danger imminent, se voient refuser l’asile dans les pays développés les plus proches. C’est ainsi qu’en 2013, la Nouvelle-Zélande rejette la demande d’asile d’Ioane Teitiota, père de famille ayant émigré en Nouvelle-Zélande en 2007. Le changement climatique devient alors un véritable enjeu politique, et les pays d’accueil sont souvent frileux d’ouvrir une brèche aux migrants comme Teitiota en situation d’urgence climatique[2].



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Evolution future des émissions

Par Marie-Laure Pautret



Les émissions de CO2 sont fortement corrélées avec les variations de température, c’est pourquoi il est nécessaire d’en prévoir l’évolution. Pour cela, il est important de s’intéresser aux émissions générées par les humains.


Le graphique 1 issu de la première partie du cinquième rapport du GIEC[i] évalue l’évolution des émissions de CO2 anthropiques au fil des années.

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Orientation des différentes énergies

Par Noëlle Favier

Nous sommes actuellement dans une période de transition énergétique que nous ressentons tous dans notre vie de tous les jours : on entend de plus en plus parler des énergies renouvelables, on se pose la question sur la provenance de notre électricité… Mais quelles sont les choses qui peuvent réellement changer ? Voici un petit récapitulatif de la situation actuelle et une idée de la situation future.

 

 

Orientation actuelle (2011) des différentes énergies :

 

Les études actuelles montrent que l'énergie la plus consommée en France est le pétrole et ensuite vient l’électricité. D'autre part, étant donné que l'électricité est créée à 73 % à partir du nucléaire, on se rend très bien compte que les énergies renouvelables sont encore peu utilisées en France.

 


Prévisions faites par l'AIE (l'Agence Internationale de l'Énergie) sur la consommation des différentes énergies

 

La demande énergétique mondiale devrait croître de 37% d’ici 2040, cependant l’évolution des politiques et la pression des marchés tendent à faire réduire la part des énergies fossiles à 75% du mix énergétique mondial, contre 82% actuellement. Analysons les différentes énergies une à une :


À l’horizon 2040, les énergies renouvelables (hydroélectricité, éolien solaire,…) assureront un tiers de la production mondiale d’électricité. On voit de grands projets se mettre en place notamment avec des grands champs de panneaux solaires photovoltaïques au Chili ou au Maroc.


Le prix du pétrole connaît actuellement une baisse du fait de la découverte de pétrole de schiste aux États-Unis qui vient concurrencer celui de l'Arabie Saoudite. Une autre explication à cette baisse des prix est que les sanctions émises contre l'Iran à la suite de son programme nucléaire ont été levées donc l'Iran va produire beaucoup de pétrole ce qui va encore faire baisser son prix. Cependant cette chute des prix est assez récente donc il n'y a pas encore d'études fiables sur l'évolution de la consommation de pétrole dans les années futures.


Concernant le nucléaire, on voit que la Chine se lance dans le nucléaire avec des projets de grande envergure comme la construction de 28 centrales nucléaires alors que dans la majorité du monde les réacteurs nucléaires sont en train d'être arrêtés1. La Russie aussi fait partie des pays qui renforcent le nucléaire avec la construction de 11 centrales nucléaires. On va donc constater un déplacement dans le monde de l'utilisation du nucléaire mais pas de baisse.


Le gaz naturel est une autre énergie qui pourrait se développer à l'avenir car c'est une énergie qui pollue peu (sa combustion n'émet pas de poussières, peu de dioxyde de soufre (SO2), peu d'oxyde d'azote (NO2) et moins de dioxyde de carbone (CO2) que d’autres énergies fossiles).


Pour ce qui est du charbon, malgré le fait que dans les pays développés la consommation stagne, dans les pays émergents elle pourrait fortement augmenter du fait que cette énergie présente de nombreux avantages : les ressources sont abondantes, bon marché et mieux réparties que les autres énergies fossiles (la Chine et l'Inde disposent de leurs propres réserves qui sont énormes). Le plus gros problème de cette énergie est l'aspect environnemental mais pour les pays en voie de développement ce n'est malheureusement pas l'aspect le plus important. On peut espérer que la COP21 aidera à faire changer d'avis ces pays.

 

 


Objectifs pour la France :

 

– Réduire la consommation énergétique primaire d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à la référence 2012 ;

– Porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030 ;

– Porter la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 ;

– Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050.

 

Ces objectifs s’inscrivent parfaitement dans les objectifs de la COP21, maintenant il reste à trouver comment les mettre en œuvre pour finalement les atteindre.





 Notes:

1sur les 434 réacteurs qui étaient opérationnels dans le monde à la fin 2013, 200 devraient être mis à l’arrêt d’ici 2040, principalement en Europe, aux États-Unis et au Japon

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Augmentation de la population mondiale. Quels enjeux ?

Par Camille Pajot


Est-il possible de se représenter limpact quauront, en 2100, les 11 milliards d’êtres humains estimés par lONU ? Peut-être que cela nous parait finalement tout aussi abstrait que de réaliser que nous sommes aujourdhui plus de 7 milliards à occuper notre planète.


Pourtant, il est important de sinterroger sur cette prévision, qui soulève de nombreuses problématiques.


« Oui, enfin Un seul problème à la fois En quoi cela concerne la COP21 ? »


Un des principaux objectifs de la COP21 est de limiter à 2°C la hausse de température planétaire, afin de limiter le nombre des effets désastreux quelle engendre, tels que la montée du niveau de la mer, la destruction d'écosystèmes, la migration de certaines populations animales


Ces conséquences environnementales rendant invivables certains des lieux dhabitat actuels, un des secteurs directement touché sera celui de lurbanisme. Les villes de demain devront en effet être pensées pour accueillir non seulement un nombre de citadins en forte expansion, mais aussi les populations de réfugiés climatiques contribuant à laugmentation du phénomène dexode rural déjà existant.

Cette nouvelle urbanisation nous interroge sur la possibilité d’étalement de lespace urbain, qui devrait tripler dici 2030 selon lONU (par rapport à 2012). Celui-ci pourrait avoir des conséquences désastreuses telles que laugmentation de la déforestation et la raréfaction de terres agricoles.


« Mais si tout le monde habite en ville,

Ça nous laisse tout le champ des possibles pour lagriculture, non ? »


Justement, lagriculture ! Laugmentation des gaz à effet de serre représente déjà elle-même une menace directe pour son développement. Selon une étude, un taux élevé de CO2 dans latmosphère affaiblirait le taux de certains nutriments (Zinc & Fer) contenus dans quelques céréales et légumes. De plus, il engendre une hausse de la température moyenne, ce qui peut également compromettre la fertilité des sols et ainsi aboutir à une baisse de la production agricole.


 « Alors quelles solutions soffrent à nous pour espérer remplir les milliards destomacs à venir ? »


Lun des principaux vecteurs de lutte contre les gaz à effet de serre est la transition énergétique, notamment à travers des productions d’énergie plus respectueuses de lenvironnement. De nombreux scénarii intègrent ainsi une forte production d’énergies renouvelables, telles que des parcs de production éoliens et photovoltaïques, mais également de la biomasse. Cependant, ces techniques nécessitent davantage de surface que les centres de production traditionnels ainsi que lexploitation de zones agricoles qui ne seront alors plus dédiées à la fourniture alimentaire.


« Alors nous retrouvons-nous pas finalement dans un cercle vicieux ? »


Actuellement, une place de choix est accordée à l’élevage animal dans nos circuits agroalimentaires à la fois pour la fourniture de viande, mais également les produits laitiers, œufs et autres dérivés Ce schéma de production nécessite une importante utilisation de terres pour élever le bétail, ainsi quune consommation massive de la production céréalière.


Laccroissement démographique nous mènera donc certainement à une modification de nos comportements alimentaires, puisquil ne sera pas possible de poursuivre le  rythme actuel de consommation de viande. Le système agroalimentaire devra donc être un des sujets de réflexion de cette COP21, au même titre que lurbanisation des villes de demain.

 



http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/la-nutrition-humaine-menacee-par-laugmentation-du-co2-dans-latmosphere-3548/

http://www.pnas.org/content/109/40/16083.full.pdf

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Monde et énergie : quelles tendances depuis 10 ans ?

Par Karl Vallet


Cela fait 200 000 ans que l'homme arpente la Terre, 300 ans qu'il pollue son atmosphère en consommant les ressources des générations futures, 48 ans qu'il a prédit le phénomène du réchauffement climatique et 23 ans qu'il s'est donné comme objectif à la convention de Rio de produire plus propre pour consommer moins. Qu'a-t-il appris et entrepris depuis ? Quels progrès le monde a-t-il fait dans le domaine de l'énergie depuis ces dix dernières années ?

 

C'est en juin 2015 que le bilan énergétique mondial de 2014 est tombé, publié par la société française Enerdata. Chaque année, le bilan dressait des hausses constantes de la consommation énergétique mondiale. En 2004 celle-ci s'élevait à 10.9 Gtoe[i] et elle a atteint 13.4 Gtoe en 2014, soit une augmentation de 23% en seulement 10 ans. C'est pourquoi la première statistique remarquable de ce bilan est la stagnation historique de la consommation énergétique mondiale en 2014. En effet le G20 (80% de la consommation mondiale) habitué à des hausses de 2.3% entre chaque année, a augmenté sa consommation de 0.3% par rapport à 2013, entraînant une hausse de 0.5% pour l'ensemble du globe soit consommation totale de 13,4 Gtoe (graphique 1).


 

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Les réserves d'énergie fossile

Par Benoît Amiot

La disponibilité des ressources est une importante préoccupation. En effet, entre 1970 et 2000, la consommation énergétique mondiale a doublé et elle pourrait augmenter de plus de 50% d’ici 2050 en l’absence de politiques publiques en ce domaine. Rappelons que l’approvisionnement énergétique de la planète repose encore à 87% sur les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon).

Les estimations du temps avant un épuisement mondial (en considérant notre consommation énergétique actuelle) sont les suivantes : 52 ans pour le pétrole, 54 ans pour le gaz et 110 ans pour le charbon[1]. Cette estimation est un assez bon indicateur de l’épuisement global des ressources mais elle prend uniquement en compte les réserves « prouvées ». Il est important de souligner que les réserves prouvées ne représentent qu’une certaine part (parfois faible) des réserves totales. Celles-ci comprennent par exemple les réserves de pétrole et de gaz non conventionnel. Mais ces dernières ne sont pas encore toutes exploitées en raison de la difficulté d’accès (gisement très profonds, régions reculées) ou bien des techniques d’extraction coûteuses et encore très perfectibles.

 

Le pétrole

Les réserves prouvées correspondent à 1700 milliards de barils en 2014 (52 ans de consommation) et se situent à 47% au Moyen Orient (Graphique 1).

Les 3 pays possédant les plus importantes réserves sont le Venezuela (17,5% du total mondial), l’Arabie Saoudite (15,2%) et le Canada (10,2%).

Toutefois, selon la dernière étude de l’US Geological Survey, 20% des ressources pétrolières dormiraient sous les glaces du pôle Nord (réserves non conventionnelles).

Les pétroles non-conventionnels comprennent les ressources en offshore profond (plus de 3000 mètres), en conditions polaires, les huiles extra-lourdes, les sables asphaltiques, ou encore les schistes bitumineux. Ces réserves sont coûteuses à exploiter et créent un débat sur la signification exacte de « réserve ».

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Consommation d'énergie dans le monde

Par Hugo Le Boulzec

Une analyse de la consommation d’énergie primaire à l’échelle mondiale puis à l’échelle régionale permet de différentier les consommations de chaque région et de connaître leurs principales sources d’énergie. Si la transition énergétique est un objectif annoncé par de plus en plus de gouvernements, nous allons voir que la prédominance des énergies fossiles reste forte.

 

Energie primaire

 

Selon le Statistical Report 2015 de l’entreprise BP, la part des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) dans la consommation d’énergie primaire s’élève toujours à 87%  (voir graphique 1).

Cependant, la consommation d’énergie est relativement différente selon les régions du globe, variant principalement selon les ressources disponibles et les politiques énergétiques appliquées (voir graphique 5 pour les principaux pays et graphiques 6 à 9 pour les régions). On remarque une très grande dépendance des pays émergents (BRICS) au charbon, tandis que les pays européens utilisent majoritairement le nucléaire et les énergies renouvelables.

Enfin, la place occupée par chaque région dans le mix énergétique mondial constitue une illustration des incompréhensions quant à l’importance du rôle joué par la population (voir graphique 2, MBtu : Million British Thermal Unit). Ainsi, si l’on compare les deux premières puissances économiques mondiales (représentant 41% de la consommation d’énergie primaire en 2014), on constate que la Chine consomme 1,3 fois plus d’énergie primaire que les États-Unis, mais 4 fois moins lorsque cette consommation est rapportée au nombre d’habitants (données EIA 2011).

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Le coût du réchauffement climatique

Par Karl Vallet

         5500 milliards d'euros. C'est le coût de l'inaction des gouvernements dans la lutte contre le dérèglement climatique. C'est le prix que nous devrons payer si rien n'est fait dans les dix prochaines années. Jamais le monde n'aura connu de crise économique aussi importante.

 

Ces chiffres ont été publiés dans un rapport de 700 pages en 2006 par Nicholas Stern, ancien vice-président senior de la Banque mondiale. Selon l'économiste britannique, le réchauffement climatique bouleversera les éléments fondamentaux de nombreuses populations aux quatre coins du globe : l'accès à l'eau, la production de nourriture, l'environnement, la santé. Des centaines de millions de personnes à travers le monde seront alors frappées par la faim, la pénurie d'eau, les inondations côtières, la pollution, la maladie, les sécheresses, les tempêtes... Ces phénomènes ont déjà commencé à se propager, y compris dans les pays riches. Malheureusement, c'est dans les pays pauvres qu'ils ont et auront le plus d'ampleur bien que ceux-ci soient beaucoup moins responsables de la situation climatique actuelle. Le réchauffement est déjà responsable de 300 000 morts chaque année et coûte 90 milliards d'euros par an, des chiffres qui vont très rapidement grimper.

Si l'on ne fait rien pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, leur concentration dans l'atmosphère atteindra dès 2035 plus du double du seuil qu'elle atteignait avant la révolution industrielle. Ceci mènerait à une hausse de la température mondiale de plus de 2°C qui impacterait le PIB mondial (estimé à 53000 milliards d'euros en 2012) de 5 à 20% selon les risques évoqués. Nicholas Stern implore dans ce rapport les gouvernements d'agir au plus vite et pose comme objectif une stabilisation du taux de CO2 dans l'atmosphère : ce taux devrait être 25% inférieur au taux actuel en 2050 et 80% inférieur sur le long terme. Le coût annuel de cette stabilisation est alors estimé à 1% du PIB mondial. Ainsi selon l'économiste, si chaque pays investissait chaque année 1% de son PIB dans la transition énergétique, le monde éviterait cette crise économique d'une ampleur encore plus importante que la grande dépression ou que les deux guerres mondiales.

 

Cependant, ce rapport a été publié en 2006 et la situation ainsi que ces estimations ont très vite évoluées. En effet, Nicholas Stern a été critiqué dès le lendemain de la publication pour son excès d'optimisme et il a avoué en 2009 qu'il avait lourdement sous-estimé la rapidité du réchauffement climatique. En effet la hausse de la température mondiale n'est plus estimée à 2°C mais à 5°C à la fin du siècle si nous continuons à ce rythme, un changement climatique équivalent à celui du passage de l'ère glaciaire à notre époque. Le coût de l'inaction mondiale est alors estimé à plusieurs dizaines de pourcents du PIB mondial selon les scénarios envisagés, pouvant ainsi faire plus que doubler les 5500 milliards d'euros initialement estimés en 2006. Notre implication et notre action dans la lutte contre le réchauffement climatique ont aussi vu l'estimation de leur coût annuel augmenter, passant de 1% à 5% du PIB mondial. Un investissement conséquent pour de nombreux pays mais crucial pour les conditions de vie des générations futures et qui reste faible face aux terribles dommages que causerait notre inaction. Agir contre le réchauffement climatique nécessite des sacrifices mais le monde a-t-il réellement le choix ?

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Le dernier rapport du GIEC

Par Marie-Laure Pautret



Depuis sa création en 1988, le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a rédigé cinq rapports d’évaluation visant à faire un bilan des connaissances à propos du changement climatique. Le cinquième et dernier rapport publié en 2014 est divisé en trois parties et utilise des modèles climatiques plus robustes que les précédents. Il est considéré comme un ouvrage de référence et aidera les négociateurs lors de la COP21. L’intégralité du rapport est consultable sur le site officiel du GIEC : https://www.ipcc.ch/





Partie 1 : Les éléments scientifiques



Cette partie est une série de données scientifiques sur le changement climatique. 4 scénarios, nommés RCP (profils représentatifs d’évolution de concentration) [i], sont élaborés pour simuler les années à venir. Le plus pessimiste table sur une augmentation de 5,5°C à la fin du XIXe siècle par rapport à 1850, et le plus optimiste sur une augmentation comprise entre 1 et 2,4°C.


Observations et prévisions :


-          95% de certitude que l’activité humaine est la principale cause du changement climatique


-          La planète subie des changements sans précédent


-          Conséquences sur les mers et les océans :

o   Réchauffement des eaux superficielles et baisse de la masse des glaciers

o   Hausse du niveau des mers prévue entre 29cm et 82cm (voir Graphique 1[ii]), sachant qu’une hausse d’un mètre aurait un impact sur un dixième de la population mondiale (voir Graphique 2²)

o   Acidification des eaux donc dégradation des écosystèmes et de la qualité de l’eau car l’océan absorbe environ 30% des émissions de CO2


-          Conséquences sur les précipitations : hausse des disparités et des événements extrêmes sur le globe


-          Réchauffement du pergélisol [iii] qui entraine une hausse des émissions de CO2 et de CH4 car ces gaz sont stockés depuis de nombreuses années dans ces sols gelés


-          Inertie du changement climatique de l’ordre de plusieurs siècles : les effets du CO2 sont ressentis après son émission


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La lutte contre le CO2, quels résultats ?

Par Hugo Le Boulzec

 


Principal enjeu des négociations climatiques comme en atteste le protocole de Kyoto, les émissions de CO2 dans le monde dépendent fortement des différentes conjonctures économiques et de la démographie. Toutefois, elles permettent un recul sur les initiatives énergétiques prises par les acteurs publics et privés.


Les émissions de CO2 dans le monde sont en augmentation depuis plus de 40 ans. Cette tendance s’est accélérée entre les années 2002 et 2014 (voir graphique 1). On remarque cependant une importante corrélation de cette croissance avec le bond du PIB au début des années 2000. Cela cache donc les efforts de réduction des émissions.

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Qui sont les principaux émetteurs ?

Par Hugo Le Boulzec



Le terme de « justice climatique » est apparu durant les négociations des COP. En effet, les pays en développement considèrent que le dérèglement climatique constitue une responsabilité historique des pays développés pour leurs émissions passées, et demandent donc à ce titre des compensations. L’engagement des principaux émetteurs constituera ainsi un enjeu crucial des négociations de Paris. Étudions donc la répartition des émissions de CO2 sur la période 1973-2012.



Une domination de l’OCDE


L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques fut créée en 1961 et regroupe 34 États. Il s’agit d’une grande partie d’États européens, des États nord-américains et de quelques États d’Asie, d’Océanie et du Proche-Orient. Elle représente donc les principaux pays développés des années 1970 (et encore une majorité aujourd’hui).


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Situation climatique mondiale - Contre quels gaz à effet de serre luttons-nous ?

Par Hugo Le Boulzec

Le principal gaz à effet de serre (GES) est la vapeur d’eau, d’origine naturelle. Notre part dans ces émissions est cependant très faible, et sa dissipation rapide (10 jours) limite son augmentation. Il permet un effet de serre naturel, nécessaire au maintien des conditions de vie terrestre. Les gaz à effet de serre produit par l’activité humaine ont des durées de vie ainsi que des effets sur l’atmosphère supérieurs à ceux de la vapeur d’eau. Cela explique donc notre focalisation sur ces derniers. Ainsi, le protocole de Kyoto cible sept gaz à effet de serre [1][2] :

- le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l’oxyde nitreux (ou protoxyde d’azote N2O), avec des durées de vie de l’ordre de la décennie ou du siècle. Ce sont les principaux concernés.

- l’hydrofluorocarbones (HFC), les hydrocarbures perfluorés (PFC) et l’hexafluorure de soufre (SF6). Leurs caractéristiques sont détaillées dans le tableau 1.

-    le trifluorure d’azote, ajouté en 2013 (NF3), a un pouvoir de réchauffement 17200 fois supérieur à celui du CO2. Sa prise en compte s’explique par une forte augmentation de ses émissions (de l’ordre de 10% par an) depuis que les PFC sont ciblés par le protocole de Kyoto. Il est principalement produit dans l’industrie électronique (processeurs, panneaux solaires, ordinateurs,…)[3].

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